New York, une ville-monde

New York est souvent citée comme l’exemple parfait de la ville mondiale ayant tout réussi. Elle est systématiquement classée parmi les villes les plus attractives et les plus avant-gardistes, tant par l’architecture de ses gratte-ciel que par ses arts, de Broadway au street-art, en passant par la haute couture. La Grosse Pomme impressionne par ses chiffres : elle est la ville où les milliardaires sont les plus nombreux (environ 110, dont la fortune totale atteint 694 milliards de dollars, selon Forbes). L’indice mondial des villes d’Oxford Economics, qui classe les meilleures villes du monde selon cinq catégories (économie, capital humain, qualité de vie, environnement et gouvernance), place New York en tête, devant Londres et San José. Elle est également la troisième ville au monde ayant le plus de gratte-ciel de plus de 150 mètres de hauteur (319 gratte-ciel), derrière Hong Kong (558) et Shenzhen (414).

En 2023, la ville de New York a accueilli plus de 62 millions de touristes, démontrant non seulement son rebond spectaculaire après la crise du Covid-19, mais aussi son dynamisme culturel inégalé. Classée deuxième mondiale pour ses spectacles de Broadway, ses événements sportifs et ses musées, New York se concentre désormais sur l’optimisation de ses infrastructures de transport pour mieux gérer l’afflux croissant de voyageurs. D’importants travaux de rénovation ont été entrepris dans les trois principaux aéroports de la ville : La Guardia, Newark Liberty International et John F. Kennedy International. Parallèlement, des initiatives visant à améliorer la fluidité de la circulation ont été mises en place, telles que l’instauration d’une zone de péage à Manhattan, l’augmentation du nombre de lignes de ferries et l’expansion des voies cyclables.

« L’économie et le marché de l’emploi de New York, prospères grâce à ces investissements culturels et infrastructurels, se classent au premier rang de l’indice de prospérité et au deuxième rang mondial en termes de qualité de vie. La ville bénéficie d’un écosystème commercial robuste (deuxième mondial), soutenu par sa concentration d’entreprises du classement Global Fortune 500 (quatrième mondiale), désireuses de tirer parti du vivier de jeunes talents ambitieux de la ville, classée sixième pour ses universités. » (Best City, La référence mondiale de perception et de performance des économies urbaines).

Cependant, New York cache une réalité parfois moins reluisante mais persistante : une double fragmentation socio-économique et socio-spatiale entre riches et pauvres, entre ghettos et quartiers riches où les buildings de luxe se détachent sur l’horizon, entre minorités et « blancs ». De plus, le réseau routier est saturé aux heures de pointe, malgré un réseau de transports en commun développé (métro, train à grande vitesse, tramway, pistes cyclables…).

Un autre problème hante la ville, notamment depuis l’ouragan Sandy d’octobre 2012 : le 28 octobre, l’ouragan, anormalement étendu, a forcé l’évacuation de 375 000 personnes des zones inondables. Le bilan fut d’au moins 53 morts dans l’État de New York et d’une vingtaine de disparus, pour un coût de plus de 50 milliards de dollars (voir photographies).

À la suite de cette catastrophe, les collectivités territoriales ont élaboré des plans ambitieux et des outils cartographiques pour les habitants, les entreprises et les chercheurs. La carte interactive des risques d’inondation du NYC Planning en est un exemple. New York, avec ses 840 kilomètres de front de mer et ses nombreux quartiers de faible altitude, est très vulnérable aux tempêtes et inondations. Avec le changement climatique, ces risques devraient augmenter. Le NYC Flood Hazard Mapper, élaboré par le Département de la planification de la ville de New York, fournit un aperçu des risques d’inondation côtière actuels et futurs, permettant aux habitants, propriétaires fonciers, architectes, ingénieurs et décideurs politiques de prendre des décisions éclairées.

Carte interactive des risques d’inondation du NYC Planning (copie d’écran)

Le cyclone Sandy a été un véritable révélateur. Dès 2008, un groupe de chercheurs de renommée mondiale a commencé à conseiller le maire Michael Bloomberg (2002-2013) et a produit un rapport en 2014, le New York City Panel on Climate Change (NPCC). Ce rapport fournit des projections climatiques et d’impact nécessaires pour informer les décideurs et améliorer la sécurité des New-Yorkais en renforçant la résilience à long terme.

Son successeur, Bill de Blasio (2014-2021), a créé un bureau centré sur la résilience climatique, s’engageant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 %, à renforcer les défenses côtières, à moderniser les bâtiments, à protéger les infrastructures et les services essentiels, et à rendre les maisons, les entreprises et les quartiers plus sûrs et dynamiques. Dans ce contexte, la ville de New York a lancé le plan OneNYC, une initiative ambitieuse visant à conjuguer justice sociale et lutte contre le changement climatique. Ce plan global aborde divers aspects, tels que la gestion des déchets, les transports, l’adaptation au climat et la justice sociale. Par exemple, la ville s’engage à réduire les risques d’inondation dans les quartiers vulnérables et à engager notamment des opérations de retraits des habitations suite à des événements climatiques extrêmes d’ici 2050. Le plan prévoit également la création et la préservation de 200 000 logements abordables, ainsi que le soutien à la construction de 160 000 nouveaux logements d’ici 2026.

Chaque New-Yorkais mérite d’avoir accès à des aliments frais à proximité de son domicile. Depuis 2009, la ville de New York s’engage à concrétiser cet objectif à travers le programme « Food Retail Expansion to Support Health » (FRESH). Ce programme témoigne de la volonté de lutter contre la malbouffe, qui touche particulièrement les populations défavorisées des quartiers comme le Bronx, le nord de Manhattan et Brooklyn.

En résumé, New York s’efforce de devenir une ville plus équitable et durable en mettant en œuvre des initiatives pour améliorer la qualité de vie de ses habitants tout en répondant aux défis du changement climatique et de la justice sociale. La carte présentée ici montre que New York cherche à inclure la lutte contre le réchauffement climatique dans une approche globale de développement et de conservation, visant à protéger la santé et l’environnement naturel des New-Yorkais, à rendre la ville plus attrayante, économiquement plus forte, socialement diversifiée et résiliente au changement climatique.

La carte et sa légende sont accompagnées d’un clin d’oeil pédagogique d’une carte-repère et d’un fond de carte (l’ensemble est en pdf à la fin de l’article)

La carte (Les PDF sont en fin d’article)

La légende

Le Clin d’oeil pédagogique

La carte repère 


Le fond de carte

La carte et sa légende