Un cercle d’étude américain, The Chicago Council on Global Affairs, a publié un rapport en octobre 2016 sur les « 100 économies les plus riches« , à partir du PIB pour les pays et les multinationales et du PUB (Produit Urbain Brut) pour les villes (année 2014).

Les choix cartographiques
Quelles ont été nos choix géographiques ?
- La première décision a été de centrer la carte sur l’Asie et notamment sur la Chine, afin de montrer la montée en puissance du « pays du milieu » et notamment de ses villes et de ses mégalopoles centrées autour de Beijing, Shanghaï et Canton.
- Nous avons ensuite séparé les 3 identités essentiellement pour des raisons de lisibilité : un jeu de couleurs est affecté à chacune.
- Nous proposons deux cartes : une première carte classique et une deuxième carte où nous avons fait disparaître les entités qui ne figurent pas dans le Top 100 (les deux cartes en PDF sont téléchargeables en fin d’article).
Ces deux cartes amènent quelques remarques :
1 – L’importance des villes
Sur les 100 économies les plus riches, 42 sont des villes ; parmi ces villes 18 sont asiatiques (9 chinoises, 3 japonaises…) 14 nord-américaines (13 étatsuniennes), 8 européennes, deux latino-américaines et aucune africaine. Plus de la moitié sont situées à proximité ou le long du littoral (plusieurs ports importants comme Shanghaï, Tokyo, Singapour ou Rotterdam) ; enfin de nombreuses cités sont des capitales d’Etat. Plusieurs villes contribuent pour une part importante voire démesurée au produit intérieur brut national des Etats auxquels elles appartiennent. Citons Séoul, Rotterdam-Amsterdam, Tokyo, Londres ou Paris.
| Villes | % du PIB national |
|---|---|
| Séoul-Incheon | 47.4 |
| Rotterdam-Amsterdam | 39.6 |
| Tokyo | 34 |
| Londres | 32 |
| Bangkok | 28.8 |
| Paris | 27.6 |
| Istanbul | 23.1 |
| Mexico City | 18.8 |
| Toronto | 17.3 |
| Madrid | 16.9 |

2 – L’importance des mégalopoles
Si l’on examine maintenant la richesse produite par quelques grandes mégalopoles mondiales (tableau ci-dessous), on s’aperçoit que certaines d’entre elles sont au niveau de certains états : une partie de la Mégalopolis (Baltimore et d’autres villes moins importantes ne sont pas prises en compte) génère par exemple autant de richesses que le Royaume-Uni, le Delta de la rivière des Perles autant que l’Australie. Les grandes mégalopoles concentrent les richesses : la localisation (bord ou proximité du littoral), le capital humain, la connectivité et l’attractivité jouant ici un rôle essentiel.
3 – Les pays développés et les pays émergents
Les principaux pays développés sont présents dans le Top 10 (USA, Japon, Allemagne, France, Royaume Uni) ; ils sont accompagnés des Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) et d’un pays du G.20, l’Indonésie. Dans le Top 100, seuls les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique centrale sont peu nombreux. Il n’y a ici aucune surprise.
La première carte met en évidence l’importance grandissante des villes, des mégalopoles et de quelques multinationales (Wal-Mart, Shell, China Petroleum) qui ont une richesse équivalente à des pays comme la Belgique, la Suisse ou la Suède.
4 – « Un monde insulaire et péninsulaire »
Sur la deuxième carte, la prospérité de l’Amérique du Nord et surtout l’extrême densité des richesses autour de la Mer de Chine sautent aux yeux. Par comparaison, le reste de l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Sud paraissent bien morcelées, ne laissant parfois apparaître qu’une ville comme Buenos Aires par exemple. Enfin il ne subsiste que quelques îlots de richesse en Afrique, le reste du continent a totalement disparu, ainsi que l’Amérique centrale.
Cette carte met en évidence que de nombreux pays voire certaines grandes régions continentales n’existent pas en terme de richesse, que certains continents sont largement échancrés (Europe, Amérique du Sud), que d’autres enfin imposent leur domination notamment grâce à leurs villes et (ou) leurs multinationales.
Pour conclure, on ne peut négliger la limite d’une telle carte : c’est un état des lieux à l’instant t, on ne tient donc pas compte de l’évolution des pays, des villes et des multinationales. Pourtant elle révèle l’état des richesses du monde d’aujourd’hui concentrées dans quelques pays, à quelques villes voire à quelques hommes comme le montre un dernier article du magazine américain Forbes sur le top 20 des milliardaires (13 américains, 3 européens, 2 chinois, 1 indien et 1 mexicain). La richesse des Etats aurait-elle tendance à se diluer dans le monde des villes puis dans le monde des milliardaires…
(1) – https://www.revueconflits.com/
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