Le dessous des cartes - Asie - Itinéraires géopolitiques
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Jean-Christophe Victor

Le dessous des cartes - Asie - Itinéraires géopolitiques

Sortie le 15 septembre 2016 - Tallandier - Arte Éditions - 24,90 euros

Bruno Modica
jeudi 15 septembre 2016

Si les lecteurs de ce site connaissent surtout « le dessous des cartes » sous la forme de cette émission de Jean-Christophe Victor, que l’on peut également trouver sous forme de DVD, il existe désormais, pour l’Asie, un ouvrage avec 120 cartes inédites, coédité par les éditions Tallandier et Arte éditions.

Proposé au format « paysage », pour permettre de présenter des cartes de belle taille, cet ouvrage est assorti d’un texte particulièrement dense, extrêmement complet, sur tous les aspects qui concernent la géopolitique du continent asiatique.
Des coups de projecteur sont donnés sur certains pays, aussi différents que Brunei, ou encore Singapour, aux côtés des grands États très attendus, comme la Chine, le Japon, ou l’Inde. La Chine s’interroge, tandis que le Japon est devenu une puissance hésitante, alors que dans le même temps, l’Inde doit jouer sur l’équilibre instable des contraires. On appréciera tout particulièrement l’article très riche consacré au Bangladesh, et l’intérêt porté à ce pays enclavé, le Laos, la Terre du milieu.

Dans la deuxième partie, on retrouve un examen minutieux de « l’Asie sous tension », avec les différents points d’affrontements potentiels ou réels, qui porte une militarisation tous azimuts. Cette militarisation concerne des pays aussi différents que l’Australie ou le Vietnam, sans parler du Japon qui, face à la Chine, remet en cause la doctrine pacifique qui prévalait depuis 1951 et le traité de Washington. Les États-Unis avaient apporté la protection de leur parapluie nucléaire à leur ancien ennemi.
Une infographie plutôt pertinente établit une comparaison entre les États-Unis et la Chine en envisageant différents aspects de la puissance respective de ces deux adversaires potentiels. (Page 72). Ces deux adversaires sont toutefois prisonniers de leur interdépendance, même si les réserves de change détenues par la Chine et libellées en dollars, commencent à fondre, passant de 3800 milliards à 3230 milliards de dollars en janvier 2016. La dévaluation du yuan n’a pas été dénuée de conséquences.

Il est évident qu’en Asie, la Chine est au cœur de toutes les tensions, que ce soit pour des questions de territoire maritime, de possession de points d’appuis insulaires, en mer de Chine orientale comme en mer de Chine méridionale, sans parler d’un différend territorial dans l’Himalaya qui avait été à l’origine d’une occupation unilatérale par la Chine et un affrontement militaire avec l’Inde en 1962.
Les sous-officiers d’active et soldats du rang qui préparent le concours de l’école militaire interarmes pour la filière lettres, pourront trouver également dans l’article « tensions autour de l’eau », une mise au point extrêmement précise à propos de l’Indus, du Gange, du Brahmapoutre et du Mékong. Sur les deux derniers exemples cités, la Chine se retrouve encore une fois en position dominante mais dans le cas du Brahmapoutre il existe une Hydro conflictualité potentielle impliquant le territoire tibétain dans une compétition avec l’Inde.
La troisième partie, « l’Asie en mouvement montre bien que le centre de gravité du monde se déplace progressivement vers l’Asie orientale. On appréciera particulièrement la carte du « grand hub », qui ne concerne pas seulement le transport maritime, avec 16 des 20 plus grands ports du monde qui se trouve en Asie, mais également six des neuf premiers aéroports.
Dans cette Asie en mouvement, on aurait pu développer davantage sur l’Association des nations du sud-est asiatique, et sur le processus d’intégration qui s’y déroule. Il constitue peut-être le dispositif le plus achevé, le plus prometteur peut-être, et il convient de s’interroger sur cette démarche, surtout au moment où l’union européenne est en proie au doute.

Cette version papier de l’émission « le dessous des cartes » permet de s’appuyer sur un texte plus dense, avec des données extrêmement récentes, et se situerait plutôt comme un complément de l’émission, que comme une concurrente. Peut-être qu’une version numérique du livre papier, sur laquelle on pourrait prévoir des mises à jour, constituerait un nouveau support de lecture qui ferait la synthèse entre le livre et cette émission de télévision, solidement installée dans le paysage audiovisuel.

Par Bruno Modica

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