2015 : La nouvelle cartographie du rugby
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2015 : La nouvelle cartographie du rugby

Jean-Michel Crosnier
jeudi 5 novembre 2015

La coupe du monde 2015 de rugby vient de se terminer. C’est l’occasion de revenir avec France-Culture sur les évolutions récentes de la cartographie de ce sport qui est en train de changer d’échelle : de 1823, date de son invention par William Webb Ellis en passant par la 1ère coupe du monde en 1987 jusqu’à sa mondialisation en marche en 2015.

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La planète rugby

Que retenir en tant que géographes ?

  • 20 pays participent en 1987, date de la 1ère coupe du monde, accueillie par la Nouvelle-Zélande (qui l’emporte en battant la France en finale). L’IRB (International Rugby Board) en l’organisant, avait 2 missions : maintenir le statut amateur du rugby et internationaliser un sport resté cantonné globalement au rugby-village et aux pays de culture anglo-saxonne.
  • 30 ans plus tard, le statut amateur a volé en éclats : 150 pays [1] pratiquent le rugby et 80 ont participé aux phases éliminatoires. Parmi les 20 qualifiés, l’Italie, le Japon, la Georgie, l’Uruguay, témoignent d’une internationalisation réussie, même si, plus encore qu’au football l’écart a pu paraitre impossible à combler pour ces nouveaux venus avec les nations majeures. Le Japon, auteur d’une victoire historique sur l’Afrique du Sud en phase finale vient pourtant de montrer le contraire en intégrant les ingrédients du professionnalisme : entraineurs néo-zélandais et français, naturalisation de joueurs mélanésiens, modification en profondeur de comportements culturels...
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Les 20 nations qualifiées
photo Rozol / Fotolia
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  • la prochaine coupe du monde avait déjà été confiée au Japon ; le curseur se déplace donc comme dans d’autres domaines vers l’Asie. A noter que là comme ailleurs en économie, l’Afrique s’y met, tout en restant pour l’instant dans l’ombre du géant émergent sud-africain.
  • A l’échelle nationale, on constatera une métropolisation rapide : aux anciens "coeurs" du rugby-village, se sont substitués des clubs pros, émergence de la puissance montante des grandes agglomérations : Bourgoin, supplanté par Lyon et Grenoble, Bègles par Bordeaux qui ont rejoint Toulouse dans le nouveau gotha qu’est le top 14 ; le déclin economique de Béziers coïncide avec celui de son club mythique face à la métropole montpellieraine. Toulon, autrefois symbole des valeurs "nobles" voire contestataires, est devenu une redoutable machine à gagner avec ses mercenaires issus des nations du sud, et Paris n’est pas en reste qui vient de s’offrir Dan Carter, l’ouvreur NZ, sacré meilleur joueur au monde 2015... Reste que le rugby français demeure profondement marqué par ses origines geographiques, comme en témoigne cette carte par anamorphose [2] :
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Carte par anamorphose de la pratique du rugby en France

Conclusion provisoire :
Mondialisation et professionnalisme vont de pair ; le rugby se rapproche des sports pros mondialisés dont le symbole est le football, ce qui ne laisse pas d’inquiéter quant aux dérives liées au sport-business, mais c’est un autre sujet...
On peut en attendant faire avec profit de la géographie avec les sports !

Jean-Michel Crosnier pour les Clionautes.

"Passe arrière" sur l’excellente émission de cet été, "le temps de la géographie", qui avait consacré une de ses séquences à l’ovalie :
http://www.franceculture.fr/emission-le-temps-de-la-geographie-le-rugby-2015-08-06

Par Jean-Michel Crosnier

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